Blog de Ludovic Baillet

Astronomie, informatique et science

La programmation informatique dans le film “Men in Black: International”

Ce quatrième opus de la franchise « Men in Black » fut un échec cuisant. Dans ce billet, il ne sera toutefois question que de programmation informatique utilisée dans ce film.

En effet, au début du film, l’héroïne montre un de ses écrans. Elle recherche des extra-terrestres et a manifestement écrit un programme pour les débusquer :

Illustration de « Men in Black: International »

On reconnaît évidemment du langage COBOL du fait des numéros de lignes et de la syntaxe truffée de SQL. D’ailleurs, il est très facile de retrouver le code source d’origine. Il s’agit d’un simple programme d’exemple présenté sur le site IBM.

À nouveau on ne peut que s’interroger sur ce décalage existant entre la programmation informatique présentée au cinéma et le monde réel de la programmation. Manifestement Hollywood vit dans un monde déconnecté.

La programmation informatique dans la série “The billion dollar code”

Cette série en quatre épisodes est présentée dans un article du site Développez.

Un point intéressant dans le premier épisode, est la présentation d’un code source illustrant le travail de codage du principal informaticien :

Illustration de « The billion dollar code »

On reconnaît évidemment du code en langage C++, qui contient même un lien vers le site MSDN. Ce code est facile à retrouver sur GitHub : il s’agit d’un extrait du fichier keylogger.cpp du projet FTPKeyLogger.

On peut noter 2 points concernant ce choix :

1/ Ce programme a été écrit bien après les événements du film (l’action du film se situant entre la fin des années 90 et au début des années 2000). Or, le lien MSDN du programme date de 2011 selon toute vraisemblance selon Internet Archive.

2/ Pour une fois, le code source présenté n’est pas trop éloigné du film qui le présente, mais quand même, présenter un outil qui automatise la saisie de tout ce qui est tapé au clavier et qui envoie ensuite le résultat sur un serveur FTP, c’est quand même limite. Même si après tout ce genre de programme est en accès libre.

Windows plus performant

Bien que Windows 10 soit une belle amélioration par rapport à ses prédécesseurs, et en attendant Windows 11, il reste pas mal de composants inutiles qui consomment des ressources. Tels les widgets et autres applications faciles à retirer. Il reste pourtant au cœur du système d’autres composants nuisibles. Par exemple le service « Expériences des utilisateurs connectés et télémétrie ». Ce service qui se permet de consommer 100% de CPU sur 1 thread pendant longtemps ne sert qu’aux besoins de Microsoft (sans qu’on sache très bien ce qui est envoyé d’ailleurs), pas à l’utilisateur. Du coup, il suffit de l’arrêter définitivement.

Le service inutile « Expérience des utilisateurs connectés et télémétrie » parmi les autres services

Le machine learning en compétition de programmation

Il y a seulement 4 ans, le machine learning apparaissait encore comme une utopie pour les compétitions de programmation. Pour preuve, cette remarque d’un compétiteur sérieux (à 34’40 ») :

La phrase qui nous intéresse : « En pratique, sur un challenge comme ça, je n’ai jamais vu quelqu’un gagner grâce au machine learning ».

On peut noter que le niveau en compétition de programmation a bien progressé sur ce genre de compétition. Du fait de l’utilisation croissante d’algorithmes qui ont fait leur preuves (Minimax, algorithme génétique, recuit simulé, algorithme de recherche en faisceau, Monte Carlo Tree Search et ses nombreuses variantes, etc.) on assiste à des résultats remarquables.

Certains compétiteurs ont réussi à appliquer avec succès le machine learning dès 2019 sur certains problèmes issus de précédentes compétitions. Les résultats étaient variables et dans certains cas très remarquables, battant largement tous les algorithmes mis en œuvre jusqu’à présent.

Lors de la très sérieuse compétition de programmation organisée par CodinGame en ce mois de mai 2021, plusieurs candidats se sont essayés au machine learning. L’un de ces candidats a particulièrement frappé les esprits en réussissant à sortir une solution qui a littéralement écrasé tous les autres participants (près de 7000).

Image issue de la compétition de programmation « Spring Challenge 2021 » organisée par Codingame

On remarque donc que le machine learning, s’il n’est toujours pas une solution magique instantanée, engrange toutefois toujours plus de succès. Inévitablement, on va assister à une accélération de son utilisation, tout comme on a vu se répandre l’usage de certains algorithmes performants il y a quelques années.

Un avantage de .NET core sur .NET framework

À plusieurs reprises il m’est arrivé d’atteindre des limites peu connues en utilisant le .NET framework.

Récemment encore, en travaillant sur un problème d’optimisation, j’avais mis en place un algorithme de type BFS afin de chercher la solution la plus efficace à un problème. Du fait de l’explosion combinatoire du problème, mon pauvre programme pourtant en mode 64 bits tombait sur une exception de type « mémoire insuffisante« . Le souci est qu’au moment de l’exception, mon programme consommait à peine 10 Go de mémoire et qu’il me restait 16 Go de libre sur ma machine de 32 Go. Rageant.

Exception mémoire d'un programme basé sur .NET framework
Exception mémoire d’un programme 64 bits basé sur .NET framework. On voit sur le panneau à droite que le programme a planté après avoir consommé « seulement » 10 Go

Comme je travaille de plus en plus avec le .NET core, aussi bien sous Windows que sous Linux, j’ai voulu tester mon programme en le basculant pour .NET core 5 et voir s’il y avait des différences en terme de performance et d’occupation mémoire. Je n’ai pas spécialement noté de différence sur ces 2 aspects là, mais j’ai découvert une différence majeure : plus d’exception. J’ai même pu laisser filer mon programme au-delà de la mémoire disponible (process testé à 44 Go avec 32 Go de RAM), Windows restant imperturbable.

Aucun problème mémoire d'un programme basé sur .NET core
Le même programme 64 bits que précédemment revu pour .NET core. Plus de problème de mémoire. On voit sur le panneau à droite que le process continue après avoir consommé 29 Go sur une machine de 32 Go

En conclusion, tout nouveau développement en C# devrait cibler sans hésiter .NET Core au lieu de .NET framework, vu l’ensemble des avantages (notamment l’aspect multi-plateforme) et l’absence de perte.

L’informatique moderne est éphémère

Le terme que je veux mettre en avant est éphémère.

On ne s’en rend pas compte parce que l’informatique est ancrée dans le quotidien et que les améliorations et nouveautés s’enchaînent dans ce monde. Mais l’obsolescence est de plus en plus présente dans de nombreux domaines de l’informatique.

Quelques exemples pour étayer cette remarque.

Flash a disparu début 2021 après une longue période pendant laquelle ce composant était indispensable à nombre de sites internet et même des logiciels. Cette disparition entraîne de fait nombre de pages internet à ne plus fonctionner (sauf si évolution), nombre de logiciels à ne plus pouvoir fonctionner (sans alternative), et nombre de vidéos à ne plus pouvoir être lues.

Les langages de programmation évoluent de nos jour à un rythme inquiétant (et sans compter les nouveaux langages qui fleurissent chaque année). Ainsi, nombre de langages se sont lancés dans une course folle à enchaîner soit des nouveautés non négligeables sur un rythme semestriel, soit des nouveautés significatives sur un rythme triennal. En conséquence, relire un code source écrit il y a une dizaine d’année peut faire mal aux yeux. Également, le travail d’actualisation des connaissances pour les développeurs devient de plus en plus compliqué (sans compter les nouveaux frameworks qui apparaissent ou qui évoluent, ainsi que les nouveaux outils et les nouvelles pratiques). Et là encore, arriver à recompiler un ancien code source peut s’avérer difficile voire impossible de nos jours tant les évolutions sont rapides et brutales. On peut penser au langage python 2 qui n’a plus de support depuis 2020, certaines anciennes version de Swift.

On peut aussi penser aux célèbres applets java qui étaient tant présentes au début du web : elles vont être définitivement retirées de la version 17 de java (cf. https://openjdk.java.net/jeps/398).

Les logiciels suivent le même chemin : certains disparaissent (Outlook Express, Internet Explorer, etc.). On peut aussi évoquer une liste impressionnante de projets abandonnés par Google : https://killedbygoogle.com.

Toutes ces évolutions conduisent inévitablement à devoir migrer sans cesse les données, changer les logiciels et les habitudes. Et même parfois, ça conduit à des pertes de données/fonctionnalités définitives. Une forme d’obsolescence à marche forcée. Et pourtant cette tendance ne devrait pas s’inverser, bien au contraire.

Que faire quand maven refuse de tout télécharger

Scénario : nous sommes en 2020, et maven affiche quantité de warnings (suivis de quelques erreurs) du genre :

[WARNING] Failed to retrieve plugin descriptor for org.apache.maven.plugins:maven-compiler-plugin:2.4: Plugin org.apache.maven.plugins:maven-compiler-plugin:2.4 or one of its dependencies could not be resolved: Failed to read artifact descriptor for org.apache.maven.plugins:maven-compiler-plugin:jar:2.4
Downloading from central: https://repo.maven.apache.org/maven2/org/apache/maven/plugins/maven-resources-plugin/2.5/maven-resources-plugin-2.5.pom

Nous sommes donc en 2020, et l’usage du https devient la norme partout. Dans ce cas, il y a essentiellement 2 solutions :

La constante tau apparaît dans la version 1.4.7 du langage Rust

Parmi les nouveautés du langage Rust version 1.4.7, on découvre donc une nouvelle constante peu connue : Tau. Cette constante vaut le double de la constante π (Pi). Il existe de nombreux débats (sur Internet) essayant de faire croire que la constante π aurait dû valoir le double, au motif que beaucoup d’équations réclament le double de π et non simplement π. Hélas pour ces empêcheurs de tourner en rond, beaucoup d’autres équations n’ont besoin que d’un simple Pi. Notamment la plus belle équation : e i.π + 1 = 0.

Le langage Rust suit donc le langage python qui avait introduit cette constante dans va version 3.6.

Alors que les langages Java et C# ne disposent que d’un nombre infime de constantes mathématiques (e et π), Rust en possède beaucoup (https://doc.rust-lang.org/std/f64/consts/index.html). Idem pour C++ version 20 (https://en.cppreference.com/w/cpp/numeric/constants).

Pour le moment, Javascript résiste à Tau, tout comme bien d’autres langages.

Les raccourcis Windows à connaître en télétravail

L’utilisation du bureau à distance est usuelle en télétravail. Les problèmes arrivent rapidement quand les raccourcis Windows restent en local et ne sont pas transmis à l’ordinateur distant.

Heureusement, il existe d’autres raccourcis pour émuler Alt+Tab, Alt+Print Screen, Ctrl+Alt+Del, etc.

En voici une courte liste : https://www.itprotoday.com/windows-8/top-10-remote-desktop-keyboard-shortcuts

Hélas, rien n’est prévu pour l’« inception », c’est-à-dire quand on prend le contrôle à distance d’un Windows depuis un Windows lui-même pris en contrôle à distance. Dans ce cas, il faut reconnaître que certains outils spécialisés font nettement mieux que le contrôle à distance basique de Windows. Mais les outils spécialisés sont souvent très coûteux.

La programmation informatique dans le film “Hacker / Code poursuite”

Le film Hacker / Code poursuite sorti il y a quelques mois est un des rares films montrant un ordinateur quantique. À nouveau c’est l’occasion d’évoquer l’aspect programmation informatique au cinéma.

L’héroïne du film se met à écrire un algorithme pour un ordinateur quantique, et chose surprenante, on voit clairement son écran. Mais c’est une grande déception.

Film « Hacker / Code poursuite » sorti en 2019

On voit en effet une petite fenêtre de programmation dans laquelle est écrit un simple JSON au format Jupyter Notebook (cf. https://ipython.org/ipython-doc/dev/notebook/nbformat.html). En tout cas, rien à voir avec la programmation pour ordinateur quantique.

Chose plus surprenante, l’intitulé de la fenêtre. Il s’agit de « C:\python27\python.exe ». Il s’agit donc du binaire principal du célèbre langage à la popularité grandissante, Python. Mais version 2.7.

Or, la version 2.7 de Python n’est plus supportée depuis le 1er janvier 2020, c’est-à-dire au moment de la sortie du film.

En conclusion : encore un film qui évoque l’informatique, mais qui caricature le sujet et qui est à côté de la plaque.

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