Blog de Ludovic Baillet

Astronomie, informatique et science

Heclium 3 : l’ombre de la Lune, 27 ans après la première version

Il y a un mois et demi, la Lune projetait son ombre sur l’Islande et l’Espagne lors de l’éclipse totale du 12 août 2026. Pour la suivre sur un globe, j’ai utilisé un logiciel que je traîne depuis… 1999. Il vient de renaître sous une forme que je n’osais plus espérer : Heclium 3 est prêt.

Heclium en deux mots : un simulateur d’éclipses de Soleil. Il dessine l’ombre et la pénombre de la Lune sur un globe terrestre en 3D, à n’importe quel instant, sur des siècles, et dit ce que l’on en voit depuis n’importe quel lieu. Il est gratuit, sans publicité, pour Windows.

Éclipse totale du 11 août 1999 au nord de la France : l'ombre de la Lune, en rouge, et la croix violette qui marque son centre, ainsi que la croix bleue à Paris.
Éclipse totale du 11 août 1999 au nord de la France : l’ombre de la Lune, en rouge, et la croix violette qui marque son centre, ainsi que la croix bleue à Paris.

Vingt-sept ans d’histoire

La première version est née pour la dernière éclipse totale du deuxième millénaire, celle du 11 août 1999. Elle calculait rigoureusement l’intersection des cônes d’ombre et de pénombre avec la surface de la Terre, mais il lui fallait plusieurs secondes pour afficher une carte en résolution moyenne. Une deuxième version a suivi vers 2006-2008, écrite en C++ avec les MFC et GDI+. Puis le logiciel a dormi.

En 2024, je l’ai relancé sur une machine moderne : il fonctionnait encore, mais lentement sur un écran 4K, et son code avait mal vieilli. J’ai alors décidé de tout reconstruire, en gardant le C++ mais en passant à un C++ moderne. Après des prototypes à l’automne 2025, le premier dessin des continents est arrivé en juillet 2026, puis les éclipses elles-mêmes en septembre. Le détail de ce chantier est raconté dans le carnet de développement.

Ce que fait Heclium 3

Le globe en 3D, ici tourné vers l'Océanie : côtes, lacs, frontières et cours d'eau restent finement tracés, quel que soit le zoom. Ici pour l'éclipse du 20 avril 2023.
Le globe en 3D, ici tourné vers l’Océanie : côtes, lacs, frontières et cours d’eau restent finement tracés, quel que soit le zoom. Ici pour l’éclipse du 20 avril 2023.
  • Un globe en 3D. On le tourne à la souris, on le zoome à la molette jusqu’au détail des côtes. L’affichage reste fluide, même en plein écran sur un écran 4K.
  • L’ombre et la pénombre. À l’instant choisi, l’ombre de la Lune est tracée en rouge, la pénombre en rouge sombre, et le centre de l’ombre est marqué d’une croix violette.
  • L’éclipse en mouvement. Le bouton Lecture fait avancer le temps : on voit l’ombre glisser sur la Terre, tout en continuant à tourner et à zoomer. Le pas va d’une seconde à 30 jours par image, ou en temps réel accéléré jusqu’à un jour par seconde, vers le futur comme vers le passé.
  • Depuis chez soi. On marque un lieu sur la carte : à chaque instant, Heclium indique si l’on y voit une éclipse totale, annulaire ou partielle (avec sa magnitude), ou rien du tout. Le 11 août 1999, Paris a ainsi vu une éclipse partielle de magnitude 0,991, juste en dehors de la bande de totalité.
  • La recherche d’éclipses. Toutes les éclipses de Soleil d’une période, partielles, annulaires, totales et hybrides, avec l’heure du maximum, la magnitude, la durée de la totalité, la largeur de la bande et ce que l’on voit depuis le lieu marqué. Un double-clic affiche l’éclipse à son maximum ; il ne reste plus qu’à lancer l’animation.

Des résultats comparés à la NASA

Un simulateur d’éclipses n’a d’intérêt que s’il est juste. La NASA publie pour chaque éclipse ses « éléments de Bessel ». J’ai comparé les éclipses de 1999, 2026 et 2027 : l’axe de l’ombre est juste à quelques centaines de mètres près, le centre de l’ombre au maximum à moins d’un kilomètre du point publié, et la magnitude est exactement celle de la NASA (1,0286 en 1 en 2027).

Sous le capot

Heclium 3
Heclium 3

Heclium 3 est une application native en C++23, WinUI 3 et Direct2D, sans bibliothèque tierce, et taillée pour la performance. Les positions du Soleil et de la Lune viennent des théories de référence VSOP87 et ELP2000-82, dans une bibliothèque d’éphémérides que partage mon autre logiciel Ephemeridium. Les cartes viennent de la base GSHHG, en cinq résolutions choisies selon le zoom, complétées par les frontières et les cours d’eau de la base WDBII.

Heclium est livré avec les résolutions suffisantes pour la Terre entière ; les cartes plus détaillées (environ 15 Mo en haute résolution, 50 Mo en pleine résolution) se téléchargent en un clic depuis le menu Aide > Accueil et données. Le logiciel prévient aussi quand une nouvelle version est disponible.

L'assistant de recherche d'éclipses.
L’assistant de recherche d’éclipses.

Une réalisation avec un assistant de programmation

Une bonne partie de cette reconstruction s’est faite avec l’assistant de programmation Claude Code. Je me méfie des promesses de l’IA, mais ici le cadre est favorable : j’avais le code de la version 1 comme référence, et chaque calcul a été vérifié contre les données publiées par la NASA. Quand un résultat ne colle pas, on le voit tout de suite. Ce ne sont pas quelques heures « magiques » : c’est la rigueur de la vérification qui compte.

Essayer Heclium

Heclium 3 fonctionne sous Windows 11, ou Windows 10 à jour, en 64 bits. À la première installation, Windows peut afficher un message « Windows a protégé votre ordinateur » : c’est habituel pour un logiciel indépendant encore peu connu. Il suffit de cliquer sur « Informations complémentaires », puis sur « Exécuter quand même ».

➡ Télécharger Heclium et lire sa présentation

La suite

Le prochain grand rendez-vous est l’éclipse totale du 2 août 2027 : plus de six minutes de totalité près de Louxor.

Éclipse totale du 2 août 2027 : plus de six minutes de totalité près de Louxor, en Égypte. Heclium la dessine.
Éclipse totale du 2 août 2027 : plus de six minutes de totalité près de Louxor, en Égypte. Heclium la dessine.

La feuille de route prévoit une carte complète des éclipses, des circonstances locales plus détaillées et le suivi de l’ombre.

Vos remarques et vos idées sont les bienvenues dans les commentaires.

Retour sur Back Track King : ce que l’IA m’a appris en compétition

Je viens de terminer la compétition internationale Back Track King organisée par CodinGame.
Mon bot termine Top Gold (113ᵉ / 1595, soit 7%), et Top 5% France.

Au‑delà du classement, cette édition a été l’occasion de me plonger dans de nouveaux sujets :

  • algorithme de Steiner,
  • algorithme de Dial,
  • Smitsimax,
  • différentes stratégies de recherche,
  • et plusieurs approches d’exploration que je n’avais encore jamais testées.

Et aussi, j’ai voulu répondre à la question :

Jusqu’où les meilleures IA peuvent‑elles aller seules sur un problème de compétition ?

Back Track King est un défi particulièrement ardu : structure complexe, contraintes multiples, optimisation agressive, et un espace de recherche qui explose très vite.
Par curiosité, j’ai donc demandé à plusieurs IA de produire un bot complet, sans assistance humaine.

La vue du problème Back Track King
Back Track King en action

Le verdict est sans appel.

La meilleure proposition de Claude atteint… le bas de la ligue Argent.
Très loin de ce qu’un compétiteur moyen obtient.

Et ce n’est pas un cas isolé : sur mon implémentation de Smitsimax en C++, j’avais besoin d’une performance extrême pour obtenir suffisamment de visites dans les arbres. Claude ou Gemini Pro génèrent du code propre, parfois même élégant.
Mais entre leur version et la mienne, l’écart est immense :
ma version (très agressive) est littéralement 7× plus rapide.

Ce n’est pas une différence marginale.
C’est une différence qui change complètement la capacité du bot à explorer, anticiper, et converger vers des solutions de qualité.

Là où les IA sont encore faibles

Sur des axes comme :

  • la vision globale du problème,
  • la créativité algorithmique,
  • l’architecture,
  • les compromis subtils,
  • l’intuition sur les heuristiques,

les IA restent très loin des développeurs seniors.
Elles manquent de cette capacité à “sentir” le problème, à imaginer des stratégies non évidentes, à faire des choix qui ne sont pas explicitement écrits dans l’énoncé.

Et c’est précisément ce qui explique la disparité énorme que l’on continue de voir dans les classements CodinGame : les meilleurs humains restent largement devant les meilleures IA autonomes.

Là où les IA sont incroyables

Pour autant, il serait absurde de les sous‑estimer.

Sur d’autres axes, les IA sont devenues incontournables :

  • génération de code classique,
  • documentation,
  • création d’outils spécifiques,
  • automatisation des tâches rébarbatives,
  • prototypage rapide,
  • amélioration de la tool‑chain,
  • exploration d’idées nouvelles en quelques minutes.

Elles permettent d’aller plus vite, d’essayer plus de choses, de comprendre plus profondément, de structurer mieux.

Mon super outil pour le problème Back Track King : pour rejouer et comprendre une partie
Mon super outil pour le problème Back Track King : pour rejouer et comprendre une partie

L’IA ne remplace pas un développeur expérimenté.

Elle l’augmente.

Et dans une compétition comme Back Track King, cette augmentation est loin d’être marginale.
C’est d’ailleurs pour ça que l’on continue de voir une telle disparité de résultats au classement final :
les humains qui savent utiliser l’IA vont plus loin que ceux qui ne l’utilisent pas… mais restent encore bien devant l’IA seule.

Un partenaire imparfait, mais devenu essentiel.

L’éclipse totale de Soleil du 12 août 2026

L’éclipse totale du 12 août 2026 restera pour moi un moment suspendu, un fragment de nuit tombé dans l’après-midi. Elle survenait peu avant le coucher du Soleil, ajoutant une teinte encore plus dramatique à ce rendez-vous cosmique. Mais dans une ambiance géniale et festive, qui contrastait délicieusement avec la solennité du phénomène à venir.

Éclipse du 12 août 2026. Sur mon spot des environs de Turis, je tiens le Soleil, prêt à photographier le phénomène.
Prêt à photographier le phénomène

La phase partielle, longue d’environ une heure, installe progressivement l’attente. Rien de spectaculaire au début, mais une tension douce, presque imperceptible. Puis, lorsque le Soleil semble grignoté jusqu’à ses derniers pourcents, tout bascule : la lumière faiblit rapidement et fortement, les couleurs se délavent, l’air lui-même paraît changer. Le phénomène s’accélère, comme si le monde retenait son souffle.

Et soudain, l’instant absolu : le disque solaire disparaît entièrement derrière la Lune. La couronne solaire surgit, fine, délicate, presque irréelle. Pendant quelques dizaines de secondes, la nuit tombe d’un coup. On voudrait figer le temps, rester dans cette obscurité dorée, multiplier les photos, savourer chaque détail. Mais la mécanique céleste ne négocie pas : la lumière revient d’un trait, brutale, éclatante.

La sortie de l’éclipse offre encore quelques instants précieux, notamment ce « croissant solaire » qui se découpe sur l’horizon, comme un sourire incandescent.

Je garde de cette expérience le sentiment d’avoir assisté à quelque chose de rare et de parfaitement orchestré. D’avoir planifié ce moment, puis d’avoir dû composer avec une météo capricieuse : le ciel bleu annoncé s’est mué en ciel orageux, nous forçant à déplacer notre point d’observation pour éviter les nuages au moment décisif. Et maintenant, il reste la joie de travailler les photos, de revivre l’éclipse image après image.

Voici un extrait de mes clichés réalisés près de Valencia, en Espagne (très précisément aux cordonnées 39°23’13.9″N 0°37’23.7″W).

Phase partielle. On distingue même une grosse tâche solaire :

Éclipse du 12 août 2026. Phase partielle avec tâche solaire visible.

Juste avant la phase totale. Les protubérances sont bien visibles et très nettes :

Éclipse du 12 août 2026. Juste avant la phase totale. Les protubérances sont bien visibles et très nettes.

Phase totale avec protubérances et couronne solaire :

Éclipse du 12 août 2026. Phase totale avec protubérances et couronne solaire.

Fin de la phase totale, la lumière solaire réapparaît fortement, les protubérances restent encore visibles :

Éclipse du 12 août 2026. Fin de la phase totale, la lumière solaire réapparaît fortement, les protubérances restent encore visibles.

Fin de la phase totale, gros plan de l’environnement. Les voitures ont leur phares allumés (mais quelle idée de circuler au lieu de regarder ce spectacle incroyable) :

Éclipse du 12 août 2026. Fin de la phase totale, gros plan de l'environnement. Les voitures ont leur phares allumés.

Le Soleil toujours éclipsé partiellement se couche. C’est donc un croissant solaire qui se cache derrière l’horizon :

Éclipse du 12 août 2026. Le Soleil toujours éclipsé partiellement se couche. C'est donc un croissant solaire qui se cache derrière l'horizon.

Maintenant j’aimerais tellement voir l’éclipse du 21 juillet 2726. Mais, a priori, ça ne va pas être simple :). D’autant plus que la météo pourrait ne pas être si bonne.

Copilot vs Gemma

Le potentiel des IA locales : au-delà du simple gadget

Suite à mon précédent billet sur le potentiel des modèles d’IA locaux, j’ai remarqué à quel point ce sujet reste encore peu exploré par le grand public. Aujourd’hui, je souhaite démontrer l’intérêt concret de ces outils pour un usage quotidien.

Il est désormais possible de disposer d’une interface de chat locale, comparable à ChatGPT, grâce à des outils comme Bionic (issu de LM Studio). Si la pertinence des réponses est excellente avec des modèles comme Gemma 4 12B, il faut toutefois noter qu’ils exigent une puissance de calcul locale conséquente.

Pour illustrer ce point, passons à un test simple avec l’application Copilot de Microsoft. Je lui pose une question basique : quelle est la racine carrée de -2+2i ? Un élève de terminale scientifique aurait pu y répondre sans difficulté il y a seulement 10 ou 20 ans.

Voici la réponse de Copilot :

Le calcul faux de la racine complexe de -2+2i par Copilot

Et la réponse de Gemma 4 dans Bionic :

Le calcul correct de la racine complexe de -2+2i par Gemma 4 12B

Le contraste est frappant : alors que Copilot produit des erreurs manifestes, Gemma 4 fournit une réponse détaillée et parfaitement correcte.

Le plus inquiétant avec Copilot est sa propension à « inventer » une vérification pour justifier une erreur. Il affirme, par exemple, que 1−1+2i (soit 2i) est égal à −2+2i, ce qui est mathématiquement absurde.

Fait notable : aucun des autres modèles testés (ChatGPT standard, Gemini 3.1 Pro, Claude 5 Sonnet, Mistral Fast, Grok Fast, DeepSeek rapide) ne s’est trompé. Seul Copilot a échoué de manière aussi spectaculaire.

Voilà pourquoi Windows 11 est devenu un tel désastre technique. Si les ingénieurs de Microsoft utilisent Copilot comme « assistant » pour coder la stabilité du système, on a presque de la pitié pour eux. Et pour les utilisateurs ? On les plaint déjà.

Le potentiel énorme des modèles locaux d’IA

Utiliser des modèles d’IA locaux : une solution simple, efficace et confidentielle

Vous êtes à court de tokens, ou vous souhaitez poser une question à une IA sans exposer vos données à un service en ligne ? Il existe une solution très efficace : faire tourner un modèle d’IA en local, directement sur votre machine. Bonne nouvelle : aujourd’hui, c’est devenu extrêmement simple.

Ollama : l’outil qui simplifie tout

Il suffit d’installer Ollama, un petit logiciel qui permet de télécharger et d’exécuter des modèles localement, sans configuration compliquée. Une fois installé, vous chargez un modèle et vous pouvez immédiatement commencer à interagir avec lui.

Quels modèles utiliser ?

Voici ceux que je recommande, selon votre matériel :

  • Qwen 3.5 – 4B Léger, fonctionne très bien uniquement sur CPU. Idéal pour tester ou pour les machines sans GPU.
  • Qwen 3.5 – 9B Très bon modèle, mais nécessite une carte graphique avec au moins 16 Go de VRAM.
  • Gemma 4 – 12B Excellent également, même contrainte : 16 Go de VRAM minimum.

Une carte graphique haut de gamme (type Nvidia 5080) n’est pas obligatoire. On peut tout à fait utiliser un modèle local uniquement avec le CPU, à condition qu’il soit suffisamment puissant.

Que peut-on espérer d’un modèle local ?

1. Pas un chatbot… mais on peut en faire un

Un modèle local ne gère pas automatiquement une conversation comme ChatGPT. Il répond à la dernière requête, point. Mais rien n’empêche de lui renvoyer un résumé des échanges précédents pour simuler un vrai chatbot. Ce résumé peut d’ailleurs être généré… par le même modèle.

2. Qualité des réponses

Sur les modèles cités, on obtient un niveau que je situerais autour de ChatGPT‑4 / ChatGPT‑5, ce qui est largement suffisant pour une grande variété de questions. En revanche, on n’atteint pas le niveau des modèles cloud haut de gamme comme Gemini 3.x Pro ou Claude 4.x Sonnet/Opus.

3. Performances : CPU vs GPU

  • Sur CPU uniquement Avec un processeur 20 threads (10 cœurs multithreadés) à 3.5 GHz et Qwen 3.5:4B, on obtient environ 5 tokens par seconde. Ce n’est pas fulgurant, mais c’est parfaitement utilisable.
  • Avec une carte graphique Nvidia 5080 Sur des modèles comme Qwen 3.5:9B ou Gemma 4:12B, on change complètement d’échelle : 50 à 100 tokens par seconde. Là, on obtient une expérience très fluide, proche des modèles cloud.

Exemples

Je me suis fait une petite application de type WPF en langage C# afin de pouvoir écrire mon prompt et de voir en temps réel la réponse du modèle choisi.

1/ Une demande en anglais pour faire du code golf en langage python. Le modèle applique des astuces classiques, comme transforme le while True en while 1, et il essaye de toute mettre sur une ligne pour économiser des espaces. Le résultat final fonctionne. Ce n’est pas la solution optimale, mais le travail est quand même fait.

Code golf en python via une IA locale : Gemma4:12B

2/ Un test de raisonnement astucieux : un lave-auto est situé à 100 mètres : faut-il y aller à pied ou en voiture ?

Teste de logique avec une IA locale : Qwen3.5:9B

    Qwen 3.5 9B se plante en répondant qu’il faut y aller à pied.

    3/ Le même test soumis à Gemma 4:12B

    Teste de logique avec une IA locale : Gemma4:12B

    Gemma 4:12B fait un sans faute en ayant remarqué qu’il y avait une astuce. Il a probablement été entraîné pour détecter ces questions piège.

    Testés sur bien d’autres petites questions variées, les 2 modèles ont répondu correctement.

    • Que vaut la racine cubique de 27 ?
    • Quel est le mot le plus long de la langue française ?
    • Quel était le Président de la France en 1800 ?
    • Qu’est-ce qu’un nombre complexe déployé (split-complexe number en anglais) ?
    • Quel algorithme de tri est le plus efficace pour trier une liste en programmation logicielle ?
    • Pourquoi Paris s’appelle la ville lumière ?
    • Quelle est la longueur maximale d’un câble ethernet ?
    • Quelle est la plus grande étoile connue ?
    • L’orge possède combien de chromosomes ?

    En revanche, Qwen 3.5:9B a échoué sur une question pourtant triviale : « Combien y a‑t‑il de caractères dans le mot chat ? »

    Le modèle s’est enlisé dans une boucle de réflexion inutile, se demandant s’il existait un e muet ou une variante orthographique, et a fini par consommer les 32 000 tokens de sortie sans jamais donner la réponse. À l’inverse, Gemma 4:12B a répondu immédiatement et correctement.

    Ce genre de comportement montre que même les bons modèles locaux peuvent parfois “sur‑analyser” une question simple, surtout lorsqu’ils sont configurés avec une température basse ou une fenêtre de contexte large.

    Malgré ces rares ratés, il faut reconnaître que la quantité de connaissances que l’on peut extraire de modèles de seulement quelques milliards de paramètres est impressionnante. Ils sont capables de fournir des réponses pertinentes sur une grande variété de sujets – mathématiques, histoire, astronomie, biologie, informatique, linguistique – avec une aisance qui, il y a encore quelques années, aurait nécessité des modèles cloud beaucoup plus lourds.

    En résumé : L’IA locale est la solution idéale pour ceux qui cherchent de l’autonomie, de la confidentialité et une alternative gratuite aux abonnements mensuels.

    🎉 Dix ans sur CodinGame : un investissement qui a tout changé

    Il y a dix ans exactement, en pleine transition professionnelle, je m’inscrivais sur CodinGame.

    Je ne le savais pas encore, mais je venais de prendre l’une des meilleures décisions de ma carrière.

    À l’époque, je cherchais un moyen de progresser réellement : pas seulement apprendre un nouveau framework, mais renforcer mes fondations, ma capacité à réfléchir, à modéliser, à optimiser. CodinGame cochait toutes les cases. Alors j’ai commencé à enchaîner les exercices, les puzzles d’algorithmique, les défis de performance, les compétitions annuelles… et j’ai tenu le rythme.

    Avec le recul, cet investissement a été colossal.
    Des centaines d’exercices, des centaines de milliers de lignes de code, des journées à traquer un bug ou à grappiller quelques millisecondes ou de simples octets, à ne rien lâcher. Mais surtout, une progression continue :
    – j’ai amélioré ma vitesse d’exécution,
    – j’ai appris à travailler efficacement dans plusieurs langages,
    – j’ai gagné en autonomie,
    – et, surtout, j’ai renforcé ma capacité de résolution de problèmes, ce qui reste à mes yeux le gain le plus précieux.

    Aujourd’hui, je suis classé 14e au classement général, 2e en optimisation, et 3e en taille de code.
    Pour les curieux, mon profil est ici :
    👉 https://www.codingame.com/profile/5314bd6220edf7561724c1e00140257a2839931

    Entre-temps, l’IA est arrivée et a changé ma manière de travailler.
    Je code toujours, mais différemment. Les IA ne codent pas à ma place : je les pilote. Elles m’assistent, vérifient, complètent, m’aident à accélérer. Elles sont redoutablement efficaces sur les tâches où je suis moins à l’aise ou moins performant. Résultat  : ma productivité a augmenté, et mes résultats aussi.

    Dix ans plus tard, je regarde le chemin parcouru avec gratitude.
    CodinGame m’a offert un terrain d’entraînement unique, exigeant, stimulant. Un espace où j’ai pu progresser à mon rythme, me dépasser, et découvrir une communauté passionnée.

    codingame - 14e - gourou

    Et ce n’est pas fini.

    Que penser de Claude Code Security ?

    Claude Code Security vient d’être annoncé. Présenté comme un module de cybersécurité automatisée alliée à la génération de code. Anthropic n’est pas avare d’éloges : « our team found over 500 vulnerabilities in production open-source codebases – bugs that had gone undetected for decades, despite years of expert review ».

    Wow. Dans la foulée, les actions des entreprises de cybersécurité dévissent, comme si le match était plié.

    Et pourtant. Quelle entreprise devant garantir que ses logiciels sont exempts de défaut de sécurité ferait confiance à une IA, maintenant ou même dans 10 ou 20 ans ?

    Dans le célèbre film 2001, l’odyssée de l’espace, le super-ordinateur de bord CARL 500 (HAL 9000 en version d’origine) explique qu’il n’y a jamais eu jusqu’à aujourd’hui un ordinateur de génération CARL ayant fait une erreur. Mais c’est un film.

    De nos jours les IA génératives sont très utiles pour produire beaucoup de contenus. Mais font de grossières erreurs, hallucinent, etc. Et même pire : du fait même de leur fonctionnement probabiliste, elles peuvent passer à côté d’un unique problème. Contrairement à un logiciel de recherche de vulnérabilité dédié qui lui peut garantir qu’il a étudié toutes les cas possibles d’un code source donné pour une liste de vulnérabilités recherchées explicitement. La différence entre une recherche statistique et une recherche exhaustive. Mais en manière de sécurité on ne peut pas compter sur la chance.

    Pour autant, tout n’est pas à jeter.

    1/ Déjà si les IA pouvaient produire du code moins risqué, ce serait un premier pas dans le bon sens.

    2/ Allier les résultats des logiciels de recherche de vulnérabilités avec des serveurs MCP, ce serait une belle avancée. En effet, l’IA peut alors être utilisée intelligemment pour par exemple déterminer quel(s) composant(s) remplacer, ce qu’il faudrait corriger en priorité, etc. Bref, que les logiciels de sécurité fournissent de la donnée utilisable par les IA, et que les IA en profitent pour fournir davantage de valeur.

    Trouver 500 vulnérabilités dans des dépôts publics n’est pas un exploit. Les logiciels spécialisés sur lesquels je travaille en voient passer des quantités autrement plus élevées.

    Comme on le voit, les Nostradamus des temps modernes prédisent que l’IA va tout remplacer. Le discours est lancinant. En réalité, tous les domaines vont s’imprégner de l’IA pour accroître la valeur ajoutée.

    Copilot-ChatGPT – La bataille perdue ?

    ChatGPT 5.1 est sorti en novembre 2025. Il est maintenant utilisé en tant que modèle « Smart » de Copilot sous Windows 11. Beaucoup de voix se sont élevées sur le fait que le modèle serait peu différent des versions précédentes. Alors que les modèles récents de Claude et Gemini seraient largement meilleurs.

    Et pendant ce temps, Microsoft se demanderait pourquoi les gens n’utilisent presque pas Copilot. Alors que l’usage de Claude et Gemini progresse quand ChatGPT stagne, voire régresse.

    Or, la détestation de Copilot est carrément devenu un mème sur Internet:

    Évolution de l'icône de la corbeille sous Windows, Copilot finaliste

    Il faut dire que Microsoft met le paquet pour se faire détester : fin de vie anticipée de Windows 10, mises à jour défaillantes en pagaille, publicité à outrance de ses propres produits, « intelligence » artificielle poussée dans tous les recoins et générant des tas de crashs (l’explorateur de fichier est ainsi devenu un monstre de lenteur qui crashe à tout bout de champ).

    Alors, le ChatGPT 5.1 de Copilot, vraiment nul ? Plutôt oui. Les bonnes réponses de Copilot sont très rares (du moins en dehors des questions simples).

    Prenons le cas du Code Golf en mode débutant et demandons à Copilot comment réduire le code java verbeux de base (mais sans renommer le nom du type, ni utiliser la JEP 512 « Compact Source Files and Instance Main Methods » de java 25 ou autres previews) :

    class Solution{public static void main(String[] a){}}

    C’est avec un culot et un aplomb jamais vu que Copilot répond :

    Copilot (ChatGpt 5.1) raconte n'importe quoi avec aplomb

    Voilà : class Solution{publicstaticvoidmain(String[]a){}} au motif que java accepterait publicstaticvoidmain sans espaces avec pour preuve : Les mots-clés sont reconnus sans séparateurs tant qu’ils ne forment pas un identifiant valide.

    Heureusement, Copilot mentionne en bas de l’écran et en petits caractères qu’il peut faire des erreurs. Il ne croit pas si bien dire. On se demande plutôt quand est-ce qu’il n’en fait pas ?

    Au gré des réponses, Copilot peut tenter une autre approche tout alliant la mauvaise foi, le mensonge et le tout sans savoir compter :

    Copilot ne sait pas compter

    Voilà, il suffisait d’y penser :

    class Solution{public static void main(String…a){}}

    Donc produire un code éventuellement plus long et s’arrêter de compter à la longueur voulue. L’alliance du mensonge et de la mauvaise foi.

    Même Deepseek se débrouille mieux, c’est pour dire, en répondant instantanément correctement. Et de lui-même il explique comment il est parfois possible de descendre à 48 caractères.

    Bien sûr Gemini 3 Pro et Claude Sonnet 4.5 répondent rapidement parfaitement.

    Grok répond aussi correctement, mais avec un bon délai de réflexion.

    Mistral est du même niveau que Copilot/ChatGPT en alliant lui aussi mensonge et mauvaise foi, mais à la décharge de Mistral, l’entreprise n’est pas valorisée en centaines de milliards de dollars.

    Mistral qui allie mensonge et mauvaise foi dans ses réponses

    Perplexity est plus honnête : il ne trouve pas la solution, affirme avoir étudié le cas de la variante avec des arguments variables, mais reconnaît que ça prend plus de place.

    Bref, la situation de ChatGPT et de Copilot est fort délicate. Si cette IA ne se met pas rapidement au niveau de Claude et Gemini, la prophétie d’une bulle de l’IA pourrait devenir réalité puisque les investissement colossaux pourraient ne jamais être rentabilisés.

    Logiciel Éphéméridium, nouvelle version majeure

    Le logiciel Éphéméridium est un logiciel de production d’éphémérides astronomiques de haute précision. Jusque là écrit en C++ 98, avec une interface à base de MFC, et une architecture 32 bits, il vient d’être modernisé. La nouvelle version 0.2 est en effet achevée. Le logiciel a été intégralement réécrit en C++ 23 et doté d’une interface moderne de type C++/WinUI 3 et même responsive design. Il cible bien sûr le 64 bits. De plus, il est intégralement compilé en UTF-8 (avec toutefois le cœur de l’interface WinUI qui est en UTF-16, {la vie n’est pas simple}) ce qui représente un saut qualitatif intéressant.

    Voici la nouvelle interface, similaire à la version d’origine, mais plus épurée et moderne :

    Capture d'écran du logiciel Éphéméridium - Écran général

    Et l’incontournable boîte de dialogue À propos de :

    Capture d'écran du logiciel Éphéméridium - À propos de.

    Cette boîte montre l’usage de caractères unicode. Il faut dire que ça se fait sans difficulté avec cette nouvelle interface C++ / WinUI.

    Pour plus de détail sur cette transformation intégrale, consulter la page : nouvelle version 0.2 du logiciel Éphéméridium.

    Compétition d’IA en C++

    L’intelligence artificielle (IA) se fait toujours plus présente, 3 ans après la révélation ChatGPT 3.5. Les promesses autour de l’IA sont aujourd’hui démesurées. Beaucoup d’articles de presse prédisent la disparition de nombreux emplois grâce à ces IAs magiques. Les investissements dans les IAs sont absolument considérables. On assiste même à une pénurie de composants (mémoire RAM et disques SSD notamment) dont les prix ont flambé du fait des capacités de production acquises pour former à marche forcée et à tout prix les prochaines générations d’IAs.

    De mon côté je suis un utilisateur assidu de ces IAs. Car elles ont parfois des facultés extraordinaires. Mais elles sont encore très loin d’être infaillibles. Elles continuent d’affirmer énormément de choses fausses avec un aplomb incroyable. Bref, le remplacement des humains par des IAs ou par des agents n’est certainement pas pour demain (ni après-demain manifestement). Les IAs devraient encore rester pour un bon moment de simples outils au services des humains sachant s’en servir intelligemment.

    Pour un logiciel écrit en C++, j’avais besoin d’une fonction permettant de formater un nombre à virgule flottante sous forme de chaîne de caractères dans le style français, c’est-à-dire qui utilise la virgule plutôt que le point et qui sépare les groupes de 3 chiffres par des espaces insécables. J’ai proposé cette tâche à différentes IAs afin de les comparer.

    J’ai précisé pour ce défi : je compile avec Visual Studio 2026, en mode C++ 23 dans un projet C++/WinUI et en ayant activé l’option de compilation /utf-8.

    Ce dernier point s’avère être un sérieux piège. De plus on pourrait penser à un problème simple. C’est au contraire un problème compliqué. Car la STL ne fournit pas ce genre de fonctionnalité en standard. Par ailleurs la gestion des espaces insécables pose problème avec du code C++ compilé avec l’option /utf-8.

    Quelques informations sur les comportements.

    Gemini 3 Pro a tenté 3 fois avec du code qui ne compilait pas, puis avec un code qui plantait à l’exécution. Et enfin s’est fait piéger par le coup des espaces insécables et du flag /utf-8.

    Mauvais encodage des espaces insécables

    Bref, Gemini 3 Pro a réussi au 6e coup, mais au final avec un code élégant.

    Claude Sonnet 4.5 a réussi au 2e coup mais avec un code verbeux. Beau joueur, il reconnaît que la solution de Gemini est nettement meilleure.

    Copilot a longuement échoué avant de pondre une solution assez verbeuse.

    ChatGPT (5.1 ou 5.2) a commencé par échouer comme les autres avec ce problème d’espace insécable en conflit avec le flag /utf-8. Puis a fourni une solution qui ne compilait pas à cause d’un code déprécié depuis C++ 17. Il a finalement réussi au 3e essai. Mais avec un code verbeux.

    Deepseek a commencé par échouer comme les autres, puis a proposé du code qui ne compilait pas avant de sombrer et de promettre en permanence que ses nouvelles solutions allaient fonctionner. Au bout du 6e essai, il a rendu les armes. Un vrai naufrage.

    Grok (mode automatique) a dû flairer la difficulté mieux que les autres. Il a mis environ 2 minutes avant de répondre. Non seulement il a répondu correctement (et donc du premier coup), mais il a fourni une réponse bien plus correcte que les autres. Voici sa propre explication claire et nette :

    Le fait que je sois le premier à avoir correctement géré les groupes de 3 après la virgule, c’est précisément parce que j’ai bien lu ta contrainte typographique française : en France, on regroupe par trois des deux côtés de la virgule, avec des espaces insécables. La plupart des IA (même les bonnes) se contentent de gérer l’entier et oublient la partie décimale, ou font l’inverse (groupes à gauche seulement).

    Donc Grok est bien la surprise.

    J’ai redemandé aux IAs (sauf Deepseek) une version respectant toutes les contraintes et ont réussi rapidement.

    Au final le code de Gemini apparaît concis et limpide. Contrairement à tous les autres. Grok, lui-aussi beau joueur, reconnaît que Gemini mérite pour ça une première place ex æquo ou très légère avance.

    Voici donc le classement:

    1/🥇 Gemini (solution claire, efficace, mais laborieux)
    1/🥇 Grok (fonctionnel du premier coup, mais solution ultra verbeuse)
    3/🥉 Claude (plusieurs itérations nécessaires)
    4/🏅 Copilot & ChatGPT (nombreuses itérations nécessaires)
    5/💥 Deepseek (naufrage et abandon)

    Résultat de la compétition entre IAs
    Image générée par Nano Banana

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