Je viens de terminer la compétition internationale Back Track King organisée par CodinGame.
Mon bot termine Top Gold (113ᵉ / 1595, soit 7%), et Top 5% France.
Au‑delà du classement, cette édition a été l’occasion de me plonger dans de nouveaux sujets :
- algorithme de Steiner,
- algorithme de Dial,
- Smitsimax,
- différentes stratégies de recherche,
- et plusieurs approches d’exploration que je n’avais encore jamais testées.
Et aussi, j’ai voulu répondre à la question :
Jusqu’où les meilleures IA peuvent‑elles aller seules sur un problème de compétition ?
Back Track King est un défi particulièrement ardu : structure complexe, contraintes multiples, optimisation agressive, et un espace de recherche qui explose très vite.
Par curiosité, j’ai donc demandé à plusieurs IA de produire un bot complet, sans assistance humaine.

Le verdict est sans appel.
La meilleure proposition de Claude atteint… le bas de la ligue Argent.
Très loin de ce qu’un compétiteur moyen obtient.
Et ce n’est pas un cas isolé : sur mon implémentation de Smitsimax en C++, j’avais besoin d’une performance extrême pour obtenir suffisamment de visites dans les arbres. Claude ou Gemini Pro génèrent du code propre, parfois même élégant.
Mais entre leur version et la mienne, l’écart est immense :
ma version (très agressive) est littéralement 7× plus rapide.
Ce n’est pas une différence marginale.
C’est une différence qui change complètement la capacité du bot à explorer, anticiper, et converger vers des solutions de qualité.
Là où les IA sont encore faibles
Sur des axes comme :
- la vision globale du problème,
- la créativité algorithmique,
- l’architecture,
- les compromis subtils,
- l’intuition sur les heuristiques,
les IA restent très loin des développeurs seniors.
Elles manquent de cette capacité à “sentir” le problème, à imaginer des stratégies non évidentes, à faire des choix qui ne sont pas explicitement écrits dans l’énoncé.
Et c’est précisément ce qui explique la disparité énorme que l’on continue de voir dans les classements CodinGame : les meilleurs humains restent largement devant les meilleures IA autonomes.
Là où les IA sont incroyables
Pour autant, il serait absurde de les sous‑estimer.
Sur d’autres axes, les IA sont devenues incontournables :
- génération de code classique,
- documentation,
- création d’outils spécifiques,
- automatisation des tâches rébarbatives,
- prototypage rapide,
- amélioration de la tool‑chain,
- exploration d’idées nouvelles en quelques minutes.
Elles permettent d’aller plus vite, d’essayer plus de choses, de comprendre plus profondément, de structurer mieux.

L’IA ne remplace pas un développeur expérimenté.
Elle l’augmente.
Et dans une compétition comme Back Track King, cette augmentation est loin d’être marginale.
C’est d’ailleurs pour ça que l’on continue de voir une telle disparité de résultats au classement final :
les humains qui savent utiliser l’IA vont plus loin que ceux qui ne l’utilisent pas… mais restent encore bien devant l’IA seule.
Un partenaire imparfait, mais devenu essentiel.
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