L’augmentation de la taille des disques dur a connu au cours des décennies passées une progression remarquablement fulgurante. À la fin des années 80, la capacité d'un disque dur 5 pouces et quart (pour 2 puces d'épaisseur) était souvent entre 10 et 20 Mo seulement. À la fin des années 90, on trouvait régulièrement des disques 3 pouces et demi (et 1 pouce d'épaisseur) d'une capacité de 2 Go. En 2003, on trouvait déjà des disques de 200 Go. En 2013, on avait accès aux disques de 4 To. En 2014, on commence à accéder aux disques de 5 To, voire 6 To en cette fin d'année. Les disques de 8 To devraient arriver pour le grand public en 2015, voire 2016.

Par ailleurs, en 2013, Seagate annonçait des disques dur de 60 To pour 2023. Ces disques devant utiliser la technologie HAMR dont la mise au point semble poser davantage de problèmes que prévu.

Si on graphe ces informations (année en abscisse et en ordonnée le logarithme à base 10 de la taille du disque en octets), cela donne cette jolie courbe :

Évolution de la densité des disques dur

L'importante inflexion du début des années 2000 ne doit pas étonner, c'était une période où la capacité des disques augmentait à un rythme bien plus élevé qu'actuellement. IBM fournit d'ailleurs une confirmation.

Il faut remarquer que l'évolution récente des disques tient davantage du bricolage que de la rupture technologique : augmentation du nombre de plateaux par disques (d'où réduction de la vitesse de rotation, voire utilisation déraisonnable de l'hélium à la place de l'air afin de limiter l'échauffement). Également, utilisation de la technologie SMR pour tenter de faire à peine mieux.

Et c'est actuellement (en 2014 ou 2015) que l'on assiste au croisement entre la courbe et sa courbe de tendance.

Curieusement, on trouve déjà depuis environ 1 an des disques dur de 2 pouces et demi dotés de 2 plateaux et ayant une capacité de 2 To. En extrapolant, on pourrait imaginer déjà avoir des disques dur de 3 pouces et demi dotés de 5 plateaux ayant une capacité de 10 To. On peut imaginer que ces disques de 10 To n'arriveraient que vers 2017 seulement. Ou 2016 pour que ces disques dur classiques continuent de se démarquer des SSD dont les capacités n'arrêtent pas de battre des records, tout comme leurs caractéristiques.

Bref, entre la concentration du secteur (il reste à peu de chose près un duopole Seagate/Western Digital), le SSD qui part de très loin pour véritablement concurrencer le secteur, et les vraies difficultés pour faire toujours mieux, il est très probable que les prochaines années ne verront pas une progression aussi fulgurante que ce qui est annoncé, d'où le ralentissement dans la croissance des capacités des disques dur.

Bien sûr, on trouve encore des esprits chagrins dotés de peu de réflexion pour demander bêtement "À quoi ça sert ? Moi, je n'ai pas besoin d'autant de place". Leur cas particulier ne doit pas faire oublier ceux qui sont en avance : la pratique de la vidéo en haute définition, voire en 4K et davantage ou à très haute vitesse ; ou la photo HDR avec de vrais Réflex en mode RAW avec un bracketing de 5 ou 7 photos consomme dorénavant une énorme place (parfois 300 Mo par photo complète). Et je ne parle pas des timelapses ; par exemple, les timelapses de l'ESO que l'on peut télécharger. Autre pratique : se doter d'une bibliothèque d'images gratuites demande de la place. Par exemple, cette vue de M31 de plus d'un demi milliard de pixels occupe plus de 300 Mo, et encore, grâce à la compression.